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LA GRANDE INDUSTRIE
Tandis que, dans les chambres de carde, l’atmosphèreétait autrefois pleine de fibres de coton flottant dansl’air, l’introduction de cardes se nettoyant automatique-ment pour économiser la main-d’œuvre, a déjà fait dis-paraître cet élément nuisible à la santé. Dans la prépara-tion aussi, le progrès technique a, depuis le temps d’Ure,rendu plus complète l’utilisation du matériel possible,ainsi que le remplacement du travail manuel par le tra-vail mécanique dans une large mesure. La régularité des« slivers » d’où dépend la qualité aussi bien que la quan-tité du colon fabriqué, est, par exemple, obtenue pardes moyens mécaniques. Non seulement le châssis de l’é-tireuse s’arrête quand le sliver casse ou que la case où ilest pris est vide, mais la tension de l’étirage est aussiaugmentée ou diminuée automatiquement, dans la pro-portion où le sliver disparaissant file trop fin ou tropgros.
Quand nous entrons dans la partie réservée au filage,nous trouvons des pièces grandes, bien éclairées, bienaérées. Elles sont assez vastes pour qu’un métier à filerde 1250 broches puisse y tenir à l’aise. Deux de ces mé-tiers sont dirigés par un fileur avec ses deux aides, lesdeux piéceurs.
Pour finir on nous conduit dans la machine. La chau-dière est en excellent acier, à la pression de 100 livrespar pouce carré, et capable de transformer en vapeur8000 livres d’eau. Le piston fait 800 oscillations parminute au lieu de 240 qu’on faisait en 1830.
Dans tout le système industriel moderne, il n’y a rienqui soit plus digne d’attention ou plus fécond en ensei-gnements sur les tendances de notre développement