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LA CRAXDIÏ INDUSTRIE
y est inférieure dans la même proportion. Les filateursitaliens paient leurs ouvriers de 6 à 8 lires par semaine ;mais ils ont besoin de 10, 15 et même 20 ouvriers par1000 broches. De même pour le tissage. Un tisseur an-glais gouverne 3 ou i métiers, et tire de chacun d’euxplus que le tisseur italien qui gouverne rarement plusd’un seul métier.
On trouve aux Etats-Unis une antithèse semblable. Icile Sud, qui produit le coton, semble apte à le travailler ;il a sous la main les auxiliaires techniques et le capitalcomme dans le Nord. Les forces hydrauliques n’y font pasdéfaut. Néanmoins le Nord est le siège de l’industrie co-tonnière bien qu’il ait à supporter les frais de transportde la matière brute. Mais il renferme une vieille raced’ouvriers d’une extraordinaire puissance de travail. LeSud qui, il y a peu de temps, utilisait le travail des esclaves,n’a rien à leur opposer. Les salaires hebdomadairessont beaucoup plus bas dans le Sud, mais le prix de main-d’œuvre par unité est plus cher. « J’ai fait, dit Atkinson,« le calcul très exactement de la proportion du nombre« d’ouvriers par nombre de broches, du nombre de mé-« tiers, etc., en faisant la part très grande aux diversités« du coton, à la force de production des usines, etc., e(« j’ai encore trouvé que, dans le Sud, il y a deux ouvriers« pour un dans le Nord. Ce calcul a été vérifié par des« observations sur place. »
La confirmation la plus remarquable de notre propo-sition sur les conditions inversement proportionnelles dusalaire hebdomadaire de l’ouvrier et le coût du travail àla pièce, est fournie par les rapports de M. J. Thornleyqui a voyagé dans les districts cotonniers de l’Amérique