n’implique donc nullement pour l’ouvrier un traitementdéplaisant et déraisonnable. Et meme les admirablesmanifestations de l’industrie humaine obtiennent lesmeilleurs résultats, partout où les ouvriers peuventatteindre à la hauteur d’un travail intelligent.
Un troisième argument doit être pris en considération.Les machines coûtent toujours de plus en plus cher ; laproduction par ouvrier s’est énormément accrue. Par suitela responsabilité individuelle de l’ouvrier s’est accrue àson tour dans la même proportion. Comparez, par exem-ple, ce puddleur, de la seule habileté duquel dépend le ré-sultat de sa mise en fourneau, avec l’homme qui est res-ponsable du contenu entier du convertiteur Siemens. Etil en est de même dans la branche que nous étudions.Combien plus grande, en effet, est la responsabilité del’ouvrier qui gouverne 2500 broches comparée avec cellede l’ancien tisseur dont la machine en avait seulementquelques centaines et (pii, avec son laborieux outil, pro-duisait moins que son successeur ; même par broche !
L’adresse physique, l’intelligence exercée, l’aptitudeaux responsabilités, on 11 e pouvait demander tout cela auprolétaire d’usine pauvrement nourri que la grande in-dustrie est venue écraser en naissant. Ces qualités impli-quent, pour l’ouvrier, un niveau plus élevé des conditionsde la vie, et des heures de travail maintenues entre deslimites raisonnables. Mais comment arriver à ce doublerésultat sans causer un désavantage économique, sans en-traver le progrès ?
Nous avons vu que le résultat du progrès techniqueétait un accroissement considérable de la production. Cetaccroissement rend possible l’abaissement du tarif à la