224
LA GRANDE INDUSTRIE
avantage par rapport au continent européen. L’industriecotonnière anglaise peut emprunter couramment à 3 1/2ou 4 0/0 ; sans compter la possibilité de disposer en tout-temps d’un capital à 2 1/2 ou 3 0/0 —système employédans beaucoup de cas par les filatures de Oldham. L’em-ployeur allemand , au contraire, travaille sur un capitalloué en moyenne à 3 0/0.
Un établissement industriel ne représente pas une va-leur permanente, mais plutôt une valeur qui se consomme.Très certainement, comme on l’a vu, la tendance de sonévolution se caractérise ainsi : passage du capital fixeau capital circulant. Par suite, à côté de l’intérêt, il de-vient nécessaire d’établir un taux de dépréciation oud’usure. Suivant les règles formulées par Platt, les ma-chines qui travaillent le coton devraient subir une dépré-ciation annuelle de 7 1/2 0/0, les bâtiments et les ma-chines à vapeur une dépréciation de 2 1/2 0/0. G’est-àdire, pour l’ensemble, une dépréciation moyenne d’envi-ron S 0/0. On peut donc prendre une période de 20 anspour durée normale d’une filature de coton. L’introduc-tion d’un taux défini pour la dépréciation crée aux fila-teurs et aux manufacturiers anglais de grands avantagessur leurs confrères du continent (1).
Suivant Andrew et Ellison, la broche anglaise est cotée,en moyenne, dans les livres à raison de 18 s. 0 d. par bro-che et le métier à 20 livres st.
Mais il est plus facile d’introduire une dépréciation
(1) Ainsi suivant Andrew « Fifty Year's cotton Trade, p. 8. CfRes-pecting the Dépréciation of the Spindle in the Rhine provinces, Jan-nasch, p. 44 : « La dépréciation progressive beaucoup plus grande abeaucoup aidé les Alsaciens à lutter contre la révolution industrielledéLerminée par leur annexion à l'Allemagne . »