FRAIS DU PRODUCTION
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sociétés ouvrières, de bureaux d'arbitrage, dans un do-maine autrefois troublé par la plus brutale des luttesde classes, celui-là pourra apprécier le point de vue quivient d'être développé plus haut.
Si le profit considéré comme une part du salaire baisse ain-si,il en est de même de la part afférente au taux de l’intérêt.
L’abaissement continu du taux de l’intérêt est aussi unrésultat du progrès économique. Tandis qu’autrefois lesemprunts étaient contractés la plupart du temps pour sub-venir à des dépenses de consommation, ils sont, dans ledomaine économique d’aujourd’hui, consacrés à des em-plois productifs au premier degré. Par suite, la quantitéde capital disponible, et l’offre qui en est faite, s’accroîtd’une manière continue. Mais le capitaliste prêteur, à ladifférence de l’employeur et de l’ouvrier, n’a pas la res-source delà coalition, parce que chaque emploi judicieuxde son argent produit de la concurrence, c’est-à-dire créeun nouveau capital cherchant des débouchés. Cette offrecroissante peut, sans doute aussi, de temps en temps, êtrecontrebalancée par une demande également croissante.Mais, en général, un moment d’arrêt se fait sentir dansla demande, en raison du pouvoir de production du ca-pital énormément accru par le progrès technique. Avecun souverain engagé dans l’outillage, je peux produireaujourd’hui quatre ou cinq fois autant de fil de mêmequalité que j’aurais pu le faire il y a 50 ans. L’in-lluence combinée de cet accroissement de l’offre et de cetarrêt delà demande a déterminé, pour l’industrie anglaise,durant ce siècle, un abaissement considérable dans letaux de l’intérêt.