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I.A GRANDE INDUSTRIE
s’est généralisée l’opinion que la propriété — en tantqu’elle n’est pas au service d’objets productifs — ne scjustifie que dans la mesure où le propriétaire s’en sertpour aider la marche de ceux qui n’ont rien.
Mais, par opposition à l’ancienne répartition du revenunational par la coutume et la loi, la nouvelle évolutioneut incontestablement pour premier résultat d’accentuerles différences dans la possession de la propriété. Ricardoavait sous les yeux ces conditions différentes quand ilformulait sa « Loi des Salaires » ; K. Marx s’était fami-liarisé avec elles dans les Blue-Books anglais quand ilétudiait vers 1830 ou 1840. L’ouvrier, sans force, sansespoir, forme à cette époque un parti ouvrier temporairequi n’a ni situation ni influence dans l’Etat. Il espère s’enemparer pour l’accommoder à ses intérêts, comme si cebut pouvait être atteint par un coup de main, tant quel’influence dans l’Etat repose encore seulement sur ladivision de la puissance économique entre les classes dela société. Mais ce mouvement même n’est pas sans ré-sultat. Il agit sur les classes dirigeantes et d’abord, enbeaucoup de cas, sur les pouvoirs terriens; il les déter-mine à légiférer pour la protection des ouvriers; il en-courage l’évolution technique économique.
Résumons les caractères de cette première phase dela grande industrie. Au point de vue économique, ils seformulent ainsi : frais de production élevés sur la based’un travail plus cher (parce qu’il faut beaucoup de bras);capital cher, hauts prix et grands profits en raison de laposition de monopole. Au point de vue social : d’un côté,niveau minimum des conditions d’existence, de l’autre,concentration des richesses — luttes de classes. Cette