KKÎ’AHTITION DU PRODUIT
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l’a remarqué le premier dans ses Arbeitergilden — estexercée par la classe ouvrière s’élevant elle-même. Cesdeux éléments, dans cette phase de l’évolution, réduisentles profits à un minimum, au-dessous duquel ils ne peu-vent descendre sans préjudice pour l’industrie. Dans lapremière phase de l’évolution de la grande industrie l’em-ployeur recevait ce qui restait, l’intérêt du capital et lessalaires des ouvriers une fois payés ; aujourd’hui au con-traire le travail reçoit ce qui reste, l’intérêt du capital etles frais d’administration une fois payés. En analysant cephénomène, le directeur des filaleurs anglais me disait :« on doit garantir à l’employeur, autant que possible,« une certaine marge de profit qui ne peut pas, sans perte« pour l’ouvrier, être réduite en faveur des salaires. Une« classe ouvrière éclairée doit penser à attirer à l’indus-« trie et à lui conserver, si c’est possible, une somme« d’intelligences supérieures à celles que possèdent les in-« dustries rivales de l’étranger. L’ouvrier doit payer pour« trouver les employeurs les plus capables (1). »
Comme les profils se rapprochent d’une limite minima,les salaires deviennent de plus en plus dépendants desprix et, par conséquent, de la situation du marché dumonde. Tandis que, dans les phases antérieures, des me-sures législatives pouvaient accélérer l’amélioration dela rémunération du travail, le profit tend maintenant,comme l’intérêt, à devenir un facteur constant tandis queles salaires ne peuvent s’élever que par l’accroissementde la production totale. Les mesures législatives ne peu-
(1) Cf. la môme idée dans l'ouvrage bien connu d’Atkinson Distribu-tion of Profits, p. 70 : « les salaires sont ce qui reste quand les profitssont payés », p. 178 et 179.