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LA URAN'DE INDUSTRIE
cessaires aux affaires. Ce cercle s’accroît constammentavec la prospérité croissante des classes moyennes et l’é-lévation des classes ouvrières. Grâce au développementcroissant de la grande industrie, il est rarement possibleà l’ouvrier isolé de s’élever à la situation d’employeur pourson propre compte, tandis qu’à une certaine époque lesplus grands et les plus célèbres pionniers de la grande in-dustrie sortaient immédiatement des rangs de la classeouvrière. D’un autre côté, cet ouvrier, s’il a la capacitévoulue, peut entrer au service de grandes compagniesqui, indépendamment du talent, demandent du caractèreet de l’honnêteté ; tandis que la première génération d’em-ployeurs devaient leurs succès à leur ruse et leur bassesseautant qu’à leur talent. Marshall s’exprime ainsi sur cettequestion: « Peut-être qu’aujourd’hui il n’y a pas autant« d’ouvriers qu’autrefois qui s’élèvent à la situation« d’employeurs; mais un plus grand nombre d’entre eux« gagnent bien assez pour mettre leurs enfants en situa-« tion d’arriver aux plus hauts emplois. La marche vers« la prospérité se fait en deux générations, mais l’éten-« due de ce mouvement ascendant est aujourd’hui peut-« être plus grande qu’elle n’a jamais été. Et cela vaut« mieux pour la société. Le contremaître qui doit encore« obéir aussi bien que commander et qui voit ses enfants« s’élever, est, sous un certain rapport, dans une situa-« tion plus enviable que le petit employeur. Les enfants« ont une meilleure éducation et feront un jour, proba-« blement, un meilleur usage de leurs richesses. »
A cette compétition croissante pour la direction desaffaires industrielles vient s’ajouter, dans cette secondepériode, la pression d’en bas — qui, comme Brentano