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grès qu’il J apercevra. Ce n’cst pas seulement que la po-pulation ait doublé et que des cheminées gigantesquesse soient élevées en nombre infini. — ce ne sont là quedes signes d’une richesse croissante et celle-ci peut aug-menter tandis que les hommes périssent— mais le pessi-miste le plus sombre est forcé de convenir que la popu-lation y est en meilleure situation, que ses habitudes sontplus tranquilles, son travail moins pénible, et sa vie engénéral plus gaie que pour ses parents et grands-pa-rents. Les maisons sont encore, il est vrai, grises et enfu-mées et trop serrées les unes contre les autres; mais, peuà peu, elles sont remplacées par de meilleures, et il y a àpeine une localité un peu plus grande qui n’ait son parcet ses places de récréation.
La pauvreté et le dépérissement, conséquences del’ivrognerie, de la paresse, des accidents et des maladiesse présentent dans la commune la plus riche ; mais aucunhomme, pouvant et voulant travailler, n’a à souffrir dubesoin dans le Lancashire . Jamais les salaires ne furentaussi élevés et les demandes de travail aussi nombreuses.Un bon tisserand — la plupart sont de jeunes femmes —peut gagner 24 sh. par semaine. Un ouvrier habile, quitravaille avec deux ou trois enfants dans une filature, setrouve dans une situation meilleure que maint pasteurde campagne. Il y a pas mal de familles dont le revenuannuel se monte, en moyenne, à 100 livres. Des journa-liers reçoivent 6 d. par heure. Les salaires élevés ne sontpas réservés aux seuls ouvriers de fabrique. Dans ledistrict de Fylde, le jardin du Lancashire , on cherchedes ouvriers des champs, pour la plupart des jeunesgens, pour un salaire hebdomadaire de 9 à 1 1 sh., logés,