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LA GRANDE INDUSTRIE
à les servir ; à cela s’ajoute encore le filateur qui sur-veille 2 paires de Mules , c’est-à-dire 1200 à 1600 broches.Il en résulte que les salaires sont beaucoup plus bas quedans le Lancashire et les rapports des ouvriers, sans êtreaussi aigus qu’à Bradford, sont cependant également peuréjouissants. A cela correspond ce fait, que l’industriedu tissage de la laine ne s’est nullement engagée dans lemarché universel, et satisfait uniquement à des demandesréduites et exclusivement limitées au pays.
A côté de cela, il n’y a dans toute l’industrie anglaise dela laine et de lin peigné qu’une seule branche qui commel’industrie de la laine du Lancashire occupe un rangprépondérant sur le marché universel ; c’est l’industrie dutissage de ces lins peignés fins pour vêtements d’hommesà Huddersfield et dans les environs — et, confirmationcaractéristique de notre thèse —non seulement Hudders-field paie les meilleurs salaires de toute l’industrieanglaisede la laine et du lin peigné ; mais ses conditions socialessont les plus avancées et montrent avec le Lancashire une grande analogie, qui disparaît de plus en plus, àmesure qu’on s’avance dans le Yorkshire.
Le tisserand d’Huddersfield gagne deux fois autantque celui de Bradford (de 20 à 24 sh). Bien qu’il ne fassepas marcher plus de métiers que le tisserand de Brad-ford, le plus souvent un, exceptionnellement deux, lemécanisme qu’il a à surveiller est beaucoup plus compli-qué et plus coûteux. Un métier à Huddersfield repré-sente un capital trois fois plus grand qu’à Bradford ; lasituation plus avantageuse de l’ouvrier y est donc dueà un remplacement plus considérable du travail par lecapital. D’un autre côté Huddersfield est non seulement