308
LA GRANDE INDUSTRIE
mouvement vers la grande industrie s’établit à présentdans le tissage de la soie et change par le passage au mé-tier mécanique les conditions décrites de l’industrie enchambre. Même sur ce nouveau terrain, le genre de viedes ouvriers ne semble nullement inférieur en Allemagne à ce qu’il est en Angleterre , comme c’est généralementle cas ailleurs. Comme à l’occasion de la grande grèvedans les fabriques de tissage de peluche de soie de Lis-ter à Maumingham, en 1891, la prétention de la part del’administration d’abaisser les salaires était fondée sur cemotif que les salaires seraient toujours encore beaucoupplus élevés qu’en Allemagne , un des représentants prin-cipaux de l’industrie de Crefeld dans cette branche adressaà VObserver de Bradford une lettre dans laquelle ilétablissait que les profits hebdomadaires correspondantsdes ouvriers à Crefeld n’étaient pas plus bas, mais plu-tôt plus élevés qu'en Angleterre.
Quoi qu’il en soit, le passage au métier mécanique, quia commencé même à Macclesfield, renferme en soi un pro-grès pour la population des tisserands. Les profits hebdo-madaires dans le tissage mécanique de Macclesfield s’élè-vent à plus du double, et même au triple des profits destisseurs à la main. Une aune de tissu uni d’une largeurde 22 pouces y coûte 1 sli. 4d. avec un métier à la main,et 8 d. sur un métier mécanique. A côté de cela, un mé-tier à la main représente une valeur de 8 à 10 livres, unmétier mécanique, c’est-à-dire rien que la machineopéra-trice sans tenir compte du bâtiment et delà force motrice,représente 30 à 33 livres. On voit donc ici même semanifester la substitution du capital au travail, et avecelle l’élévation de la condition de vie de l’ouvrier.