CONCLUSION
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on l’a exposé plus haut, dans la substitution progressivedu capital au travail. Il s’ensuit la réfutation d’une objec-tion qui est peut-être venue à l’esprit du lecteur : parsuite de la substitution croissante du capital au travail,s’est-il peut-être demandé, une partie des ouvriers ne setrouve-t-elle pas sans pain? Si un seul ouvrier fait mar-cher autant de machines que trois autrefois, celui-là doitrecevoir un salaire bien plus élevé, mais que deviennentles autres? Nous avons vu en réponse à cela comment cedéveloppement n’est justement possible que sur le terrainde l’essor économique de l’industrie en question. L’indus-trie anglaise de la soie ne peut à cause de cela pas passeren métier mécanique, parce que son débit n’est pas régu-lier; l’essor de l’industrie anglaise du coton au contrairea, malgré tous les progrès techniques, permis un accrois-sement du nombre des ouvriers. Dans cette industrie ily avait,en 1833, 220.134 ouvriers, et en 1883, 304.069.
Je dois encore dissiper une autre objection, qui con-siste adiré que je négligel’importancedes circonstancessociales relativement au développement économique.Lorsque j’ai dépeint ces agitations sociales, au moyendesquelles l’ouvrier anglais est arrivé à la situation élevéequ’il occupe aujourd’hui, et en particulier le revirementde l’opinion publique qui soutenait cette évolution,j’éprouvai déjà alors le besoin d’établir le caractère éco-nomique de cette évolution. Ne pouvait-on pasjusque-làalléguer que cette condition de vie élevée de l’ouvrieranglais était établie sur une base incertaine, qu’elle nepouvait se maintenir avec l’avénement d’industries rivalesdans des pays connus sous le nom de pays de travail àbon marché, qu’elle devait forcément être renversée sous