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1 (1932)
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RÉORGANISATION DE LÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL

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pour moi davoir été appelé le premier à diriger les travauxde ces grands organes militaires dans les années qui ontpréparé la grande guerre.

Je ferai cependant une réserve en ce qui concerne laréorganisation de létat-major de larmée. M. Messimynavait pas cru devoir subordonner les directions darmesdu ministère au chef détat-major général; le décret du28 juillet les faisait dépendre directement du ministre. Cefut, à mon avis, regrettable et jeus fréquemment à déplorerleur indépendance vis-à-vis de moi, notamment celle dela direction dartillerie. Jaurai à revenir sur ce sujet.

Aussitôt nommé, je fis demander une audience au prési-sident de la République , qui, en réponse, minvita à dé-jeuner à Rambouillet .

Jai toujours eu pour M. Fallières le plus grand respect etla plus haute estime ; je lai toujours trouvé profondémentattaché à lintérêt de la France . Son bon sens, sa finesse,sa droiture nexcluaient chez lui ni la fermeté ni lautorité.

Cest donc avec plaisir que je me trouvai dans cette findu mois de juillet en face du chef de lÉtat. Il maccueillitpar ces paroles : « Je suis heureux de voir un officier dugénie à la tête de larmée. La guerre, à mon avis, est en effetdevenue un art dingénieur. »

Jai pensé souvent à ces paroles ; elles sont profondémentvraies : le seul génie militaire serait aujourdhui insuffisantsil nétait pas aidé dun esprit dorganisation apte à com-biner les multiples moyens que la science et le progrès in-dustriel mettent au service de larmée. Combien ces parolesprennent encore plus de poids au lendemain dune guerrede masse qui a mis en lumière limmense complication detous les organes qui y ont participé.

Cependant, la crise ouverte par larrivée de la Pantherdans les eaux dAgadir était loin dêtre terminée. Je mesouviens à ce sujet dune entrevue que jeus au débutdaoût avec M. Caillaux en présence de M. Fallières. Leprésident du Conseil me posa à brûle-pourpoint cette ques-tion : « Général, on dit que Napoléon ne livrait batailleque lorsquil pensait avoir au moins 70 pour 100 de chances