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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL J OFFRE

de succès. Avons-nous 70 pour 100 de chances de victoiresi la situation nous accule à la guerre? » Jétais assezembarrassé pour répondre. Je finis par dire : « Non, je neconsidère pas que nous les ayons. Cest bien, réponditCaillaux ; alors, nous négocierons. » Cette réponse con-tribua sans doute à décider le gouvernement à pour-suivre les négociations. En tout cas, peu de jours après,M. Cambon venu de Berlin retournait à son poste porteurpour M. de Kiderlen-Wæchter dune note quil lui remitle 4 septembre, et qui servit de base à laccord du 4 no-vembre sur le Maroc .

Cette crise si grave eut du moins un résultat heureuxen ce qui concerne la France ; lEntente cordiale en sortitresserrée. Cest, en effet, du début de cette période quedatent les premières conversations entre létat-major fran-çais et létat-major britannique. Le général Wilson vinten France travailler avec nous et préparer le débarque-ment éventuel dun corps expéditionnaire britannique.Il fut le premier et bon ouvrier de cette coopération.

Je fis, en outre, le choix de mes collaborateurs immé-diats pour en former mon cabinet. Le chef en fut le com-mandant Gamelin, et je pris, en outre, les capitainesRenouard et Bel et le commandant Alexandre.

Je nai pas à faire léloge de ces officiers que jai con-servés fort longtemps auprès de moi et qui ne montquitté que le temps nécessaire pour accomplir leurs stagesde commandement pendant la paix, ou pour aller, pendantla guerre, se retremper dans la troupe. Durant ces absencesforcées, je les ai remplacés par les capitaines de Galbertet Fétizon. Ils ont tous magnifiquement fait leur devoir;deux dentre eux ont été tués : Bel à la tête dun groupe debataillons de chasseurs en Italie , de Galbert à la têtedu 13° bataillon de chasseurs sur la Somme; quant àRenouard, il est mort pendant lété 1918 à la tête dunedivision dinfanterie.

Dès mon installation dans mes nouvelles fonctions, jeme mis à étudier le plan de concentration alors en vigueurconnu sous le nom de plan XVI ; jen avais déjà eu con-