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1 (1932)
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PROJET DE PLAN DU GÉNÉRAL MICHEL

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justement préoccupé de la possibilité dune invasion alle-mande par la Belgique . Ce projet, qui était la conséquencede la réorganisation générale quil avait proposée, cons-tituait la deuxième partie de la note quil avait remise auministre en janvier 1911 : elle navait pas été communiquéeau Conseil supérieur de la guerre dans la séance du19 juillet.

Le général Michel, dans cette note, admettait a -priorila violation de la Belgique . Il constituait un dispositifextrêmement étiré, une sorte de cordon étendu tout lelong de notre frontière de la Suisse à Dunkerque . Le centrede gravité de nos forces se trouvait cette fois reporté àlextrême gauche ; sur le front de Lorraine il ne laissaitque les deux corps darmée de couverture ; les réservesgénérales se réduisaient à cinq divisions dans la région deParis, trois divisions coloniales à Troyes , le 19° corpsdarmée vers Dijon, les Anglais dans la région de Sois-sons.

Manifestement, en plaçant la plus grande densité deses forces à sa gauche, le général Michel cherchait à com-penser par la concentration de ses troupes linfériorité deslignes naturelles et des défenses artificielles de la frontièrefranco-belge.

Mais un tel plan nous exposait, par contre, à une rup-ture soit de notre centre, soit de notre droite, risquantdouvrir à lennemi le cœur du pays, et permettant à nosadversaires, en cas de succès, de rejeter nos armées dansune direction excentrique et de couper nos lignes dopé-rations. Il était possible, à propos de ce plan, de reprendreles termes fameux de la note que Napoléon adressaiten 1808 au major général Berthier : « Est-ce quon veutdonc empêcher la contrebande? doit-on revenir à cesbêtises-? » Qui pouvait nous assurer quayant pénétrénos intentions, les Allemands ne changeraient pas leurplan dopérations pour marcher sur Paris par la Lorraine,en rejetant le gros de nos forces dans la région du Nord?Dans une telle situation les réserves prévues eussent étéinsuffisantes pour rétablir la situation.