Druckschrift 
1 (1932)
Entstehung
Seite
23
Einzelbild herunterladen
 

MODIFICATIONS A NOTRE CONCENTRATION

23

évidente infériorité numérique et linitiative des opéra-tions que nous laissions de propos délibéré à ladversaire.Elle avait en outre linconvénient de transporter, dès ledébut, la guerre en territoire français ; elle ne correspon-dait ni à nos traditions guerrières ni à notre tempéramentnational si prompt à salarmer aux premiers rever elleportait encore lempreinte de la défaite, malgré les effortsque la République avait faits depuis quarante ans pourassurer sa sécurité.

Enfin, elle ne tenait nul compte de léventualité ensomme vraisemblable les Allemands reprendraient leplan du vieux Moltke : offensive immédiate contre lesRusses pour en venir à bout avant que ces derniers naientterminé leur mobilisation, en combinaison avec une défen-sive agressive temporaire vis-à-vis de la France .

Toutes ces considérations mamenèrent à rechercher lesmodifications quil serait possible dapporter à notreconcentration.

Tout dabord, était-il possible de diminuer linégalitédeffectifs qui nous condamnait à la défensive initiale?On pouvait y parvenir, me semblait-il, en utilisant mieuxnos unités de réserve et en modifiant la répartition géné-rale du front français. Face à lItalie , le plan maintenaitau début les deux corps darmée des Alpes (14° et 15 e ), leséléments devant constituer le 21 e corps, et quatre divi-sions de réserve. Or, lItalie avait présentement une grandepartie de ses forces de terre et de mer occupées à la con-quête de la Tripolitaine ou engagées dans la guerre contrela Turquie. On pouvait donc, sans risque grave, diminuerles forces affectées à larmée des Alpes et prévoir le trans-port des 14 e et 15° corps vers le nord-est, dans les mêmesconditions que les autres corps darmée.

En ce qui concerne les divisions de réserve, il apparais-sait que lostracisme dont elles étaient lobjet était exa-géré et quil serait possible den faire état dans les com-binaisons de manœuvre de larmée de première ligne, et parconséquent de les rapprocher immédiatement du front debataille. De cette manière, on pouvait porter à cinquante-