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1 (1932)
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27
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M. MILLERAND AU MINISTÈRE DE LA GUERRE 27

en position, et dès le seizième jour la frontière serait fran-chie. Dun commun accord, il fut admis quune offensivedécidée pourrait seule donner le succès : « Cest au cœurmême quil faut frapper lAllemagne , » avait dit le tsar,« lobjectif commun doit être Berlin . » Un engagement fut si-gné dans ce sens par le chef détat-major russe le 18-31 août.

Limportance de cet accord ne peut échapper ; cettevolonté offensive affirmée en commun était susceptiblede faire échouer le plan allemand tel que nous le soup-çonnions, en amenant nos adversaires à modifier la répar-tition initiale de leurs forces, peut-être même à abandonnerlidée fondamentale dune offensive contre nous dès ledébut, et à renverser une fois de plus leur plan. En toutcas, elle supprimait la cause profonde qui, si longtemps,nous avait condamnés à une conduite des opérations pleinede circonspection.

Au début de janvier 1912, souvrit une nouvelle criseministérielle provoquée par lincident de Selves devantla Commission sénatoriale de laccord franco-allemand. Uncabinet Poincaré remplaça le cabinet Caillaux ; au minis-tère de la Guerre, M. Millerand remplaça M. Messimy.

Je ne connaissais pas mon nouveau ministre. Jauraisouvent loccasion dans le cours de ces souvenirs de direles immenses services quil a rendus au pays. Pour linstantquil me suffise de rendre ce témoignage que son premierpassage au ministère fut bienfaisant pour larmée, qui luiavait tout de suite donné sa confiance.

Le jour même, M. Millerand sinstalla à son bureaude la rue Saint-Dominique, il eut avec moi un entretiendune demi-heure environ. Il me demanda mon avis surle décret du 28 juillet 1911, et me fit connaître quà sonpoint de vue, le maintien à mes côtés dun chef détat-major de larmée chargé de traiter directement avec leministre les questions de personnel et de service courantétait une erreur. Je lui répondis quen effet, à lusage, ilsétait révélé à cette combinaison quelque inconvénient.Sans doute, entre le général Dubail et moi, aucune diffi-culté ne sétait produite, mais il nen avait pas été de