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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

même entre le général Dubail et le général de Castelnau,en raison du rôle que ce dernier avait à remplir auprèsde moi en cas de mobilisation.

M. Millerand mexposa, comme il la dit dailleurs publi-quement depuis, que cette organisation lui paraissait lerésultat de considérations plus politiques que militaires.Décidé à tout faire pour renforcer les organes qui avaientla responsabilité de la Défense nationale, il me fit con-naître sa décision de supprimer le poste de chef détat-major de larmée et de donner au général de Castelnaule titre de sous-chef détat-major général.

En effet, cinq jours plus tard, le décret du 20 janvier 1912,qui devait ultérieurement être complété par celui du14 mai 1912, faisait disparaître la fonction de chef détat-major de larmée. Le général Dubail reçut un corps darmée.

Ainsi se trouvait définitivement concentrée entre mesmains la presque totalité des attributions militaires ;cétait la première fois que de tels pouvoirs étaient confiésà un seul homme : javais action sur linstruction de larmée,sa doctrine, ses règlements, sa mobilisation, sa concentra-tion. Pour les questions davancement, le nouveau ministreme faisait connaître son intention de me consulter. Pourla première fois, on aboutissait à cette conception logiquedu chef responsable en temps de guerre centralisant entemps de paix toutes les attributions pour préparer laguerre. Après mille discussions de toutes sortes, considé-rations de personnes aussi bien que de politique, il avaitfallu la crise dAgadir pour faire admettre une solutionqui aurait paru trop audacieuse quelque temps auparavant ;il avait fallu, en outre, deux ministres animés lun commelautre du seul sentiment patriotique pour donner à cetteréforme toute son ampleur.

A moi, maintenant, revenait le soin dutiliser ces pou-voirs au mieux des intérêts de la France , et de me montrerdigne de la confiance quon me témoignait.