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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Sans doute le général Langlois releva tout ce quavaientde spécieux de telles théories ; il montra que les événementsde la guerre sud-africaine avaient été étudiés sous un fauxjour et, que dun cas particulier, on avait conclu à desrègles générales ; non, les fronts nétaient pas inviolables,à condition davoir en un point donné une supériorité defeux capable de dominer ladversaire. Enfin, il proclamaitléternité du principe napoléonien : « La guerre est un actede force. En stratégie, il faut rechercher la bataille et lavouloir de toute son énergie. »

La guerre russo-japonaise vint apporter une éclatanteconfirmation aux paroles du général Langlois. A lÉcolesupérieure de guerre, sous la direction des Foch, des Lan-rezac, des Bourderiat, toute la jeune élite intellectuelledalors se débarrassa de toute la phraséologie qui avaitbouleversé le monde militaire et revint à une conceptionsaine des conditions générales de la guerre.

En même temps, vers ces années 1905, un mouvement sedessina contre la solidité que nous prêtions à la fortifica-tion permanente : les progrès de larmement semblaientdiminuer sa force de résistance, tandis quaugmentait lavaleur de la fortification de campagne, dont Russes etJaponais venaient de faire un si large emploi. On repro-chait dautre part à nos forteresses dabsorber une tropgrande partie de nos troupes. Et on se mit à déclasser ungrand nombre de places et de forts, que lon mit en deuxièmeet troisième catégorie.

Cette défaveur dans laquelle tomba la fortification per-manente, jointe à la réaction amenée par les théories issuesde la guerre anglo-boër produisit dans ce que jappelleraila « Jeune Armée », à la suite de ses brillants directeursde conscience, un courant didées qui recherchait, danslaction même des troupes de campagne, la défense dupays que la fortification ne paraissait plus capable das-surer.

Mais, comme il arrive chaque fois quil sagit de re-monter un courant didées établi, on en vint dans cesmilieux à une exagération de la doctrine offensive. On