Druckschrift 
1 (1932)
Entstehung
Seite
48
Einzelbild herunterladen
 

48

MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

révélé 42 000 armes un peu fatiguées, et 40 000 seulementhors dusage. Cétait peu de chose sur lapprovisionnementtotal denviron 3 millions de fusils. Les armes en parfaitétat, soit 2 millions et demi, étaient seules affectées auxformations de première ligne. Il était donc exagéré deconclure que notre armement avait un urgent besoin dêtreremplacé. Sans doute il ne réalisait pas les derniers per-fectionnements comme arme portative, mais il était encoresuffisant et son infériorité sur le fusil allemand ne justifiaitpar les 465 millions quaurait coûté la mise en service dunnouveau fusil.

Si maintenant nous considérons larmement de lartil-lerie, nous constatons que notre artillerie de campagneétait au complet et en bon état. Mais lapprovisionnementen munitions était insuffisant : depuis 1906, il avait étéprogressivement augmenté jusquau chiffre de 1 280 car-touches par pièce. Il fallait au moins arriver à 1 500 ; ilfallait, en outre, prendre des mesures pour préparer lamobilisation des établissements industriels susceptiblesdalimenter en temps de guerre cet approvisionnement parune production intensive. La plupart de nos établisse-ments étaient hors détat deréaliser cette condition, etdimportants crédits étaient nécessaires pour cela.

Il en faudrait dautres pour la constitution de notreartillerie lourde. Les Allemands disposaient, en effet, depièces de gros calibre- dans chacun de leurs corps darmée ;ils avaient, en outre, des équipages légers de siège. EnFrance , nous navions fait que peu defforts pour les suivre,et notre situation à cet égard était inquiétante. Le Rimailho(155 T. R.) nexistait quen faible proportion : le nombredes batteries prévues était seulement de quarante-deux,chaque batterie nayant que deux pièces. Il me parut queles progrès à réaliser pour améliorer cet état de chosesdevraient seffectuer en deux périodes. Pendant la pre-mière, il faudrait recourir à des moyens de fortune, en uti-lisant les pièces de 120 et 220 comprises dans les équipagesde siège ou larmement des places. Dans la seconde, ilsagirait de substituer progressivement à ce matériel pro-