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manœuvres, ces essais étaient poursuivis, sans qu’onaboutît jamais à une conclusion. Or toutes les arméesétrangères étaient déjà dotées de cuisines roulantes.
L’allégement du fantassin était également une questionpendante ; la nécessité de voitures destinées à porter unepartie de la charge du soldat, celle de remplacer dans lecampement la tôle par l’aluminium étaient toujours dis-cutées ; l’habillement de la troupe avec des couleurs moinsvoyantes, la transformation des ponts métalliques pourles rendre aptes à supporter les lourds véhicules utilisés parl’armée, les équipages de ponts : autant de questions nonrésolues.
Il est juste de dire qu’une des causes de cette incapa-cité à réaliser des réformes résidait dans le fait que l’état-major de l’armée n’avait pas exercé jusqu’ici sur l’en-semble des directions du ministère le rôle d’impulsion etde coordination qui est le propre du commandement.
Cela tenait à plusieurs causes :
Tout d’abord, le chef de l’état-major de l’armée n’avaiteu ni la situation hiérarchique ni l’autorité que le décretdu 28 juillet 1911 me conférait comme chef d’état-majorgénéral : un général de brigade, mon ami le général Delanne,en avait même exercé les fonctions en 1900. Par suite,l’état-major de l’armée n’apparaissait que comme unedirection égale aux autres, et ne jouissait pas de la préé-minence nécessaire pour assurer la coordination des mul-tiples rouages du ministère.
En second lieu, le vice-président du Conseil supérieurde la Guerre vivait complètement à l’écart des organesadministratifs du ministère, qui ignoraient les besoinsreconnus nécessaires par le CQnseil.
Enfin, l’habitude était prise de longue date de traitertoutes les questions de crédits, sous la présidence duministre, entre le directeur du contrôle et les directeurs desarmes et services, l’état-major de l’armée n’entrant enligne de compte que pour les crédits qui lui étaient propres.
La création d’un chef d’état-major général était uneheureuse occasion de modifier ces errements. Dès le