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1 (1932)
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MÉMOIRES MARÉCHAL JOFFRE

manœuvres, ces essais étaient poursuivis, sans quonaboutît jamais à une conclusion. Or toutes les arméesétrangères étaient déjà dotées de cuisines roulantes.

Lallégement du fantassin était également une questionpendante ; la nécessité de voitures destinées à porter unepartie de la charge du soldat, celle de remplacer dans lecampement la tôle par laluminium étaient toujours dis-cutées ; lhabillement de la troupe avec des couleurs moinsvoyantes, la transformation des ponts métalliques pourles rendre aptes à supporter les lourds véhicules utilisés parlarmée, les équipages de ponts : autant de questions nonrésolues.

Il est juste de dire quune des causes de cette incapa-cité à réaliser des réformes résidait dans le fait que létat-major de larmée navait pas exercé jusquici sur len-semble des directions du ministère le rôle dimpulsion etde coordination qui est le propre du commandement.

Cela tenait à plusieurs causes :

Tout dabord, le chef de létat-major de larmée navaiteu ni la situation hiérarchique ni lautorité que le décretdu 28 juillet 1911 me conférait comme chef détat-majorgénéral : un général de brigade, mon ami le général Delanne,en avait même exercé les fonctions en 1900. Par suite,létat-major de larmée napparaissait que comme unedirection égale aux autres, et ne jouissait pas de la préé-minence nécessaire pour assurer la coordination des mul-tiples rouages du ministère.

En second lieu, le vice-président du Conseil supérieurde la Guerre vivait complètement à lécart des organesadministratifs du ministère, qui ignoraient les besoinsreconnus nécessaires par le CQnseil.

Enfin, lhabitude était prise de longue date de traitertoutes les questions de crédits, sous la présidence duministre, entre le directeur du contrôle et les directeurs desarmes et services, létat-major de larmée nentrant enligne de compte que pour les crédits qui lui étaient propres.

La création dun chef détat-major général était uneheureuse occasion de modifier ces errements. Dès le