LES BUDGETS DE LA GUERRE
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26 août, 1911, au cours d’une visite que je fis au ministre,je lui signalai l’urgence des travaux, l’amélioration consi-dérable à réaliser dans notre outillage de guerre, et lerôle que je croyais utile de jouer dans la coordination desorganes du ministère et en particulier dans l’établissementdes demandes de crédits. Je dois dire que je trouvai M. Mes-simy tout disposé à me suivre sur ce terrain et à m’ap-puyer de son autorité. Nous nous mîmes d’accord sur lefait qu’en présence des défauts d’outillage qui apparais-saient de toutes parts, et en tenant compte de la volontéoffensive qui nous animait, il fallait d’abord outiller lesarmées de campagne avant de songer aux forteresses.Déjà les demandes pour le budget de 1912 avaient étéétablies ; les services avaient demandé pour le matérielenviron 113 millions ; au ministère, cette demande avaitété réduite à 95 millions, finalement on s’était mis d’ac-cord avec les commissions du budget sur le chiffre de84 867 174 francs. En étudiant avec M. Messimy cettedemande, nous convînmes que cette somme était insuffi-sante ; il fallait, ou demander des crédits extraordinaires,ou relever les crédits de la 3° section. Après ententeofficieuse avec les Commissions des finances, on s’arrêtaà la première solution, et 21 300 000 francs de dépensespurent être engagés en 1912 en dehors des crédits budgé-taires. En y ajoutant les 12 950 000 francs ouverts par laloi pour l’application du programme aéronautique, laGuerre eut donc en 1912 un crédit total de 119167174 francsà dépenser.
Mais ce n’était là qu’un premier pas : il convenait dedresser un programme général d’outillage. L’ordre futdonné aux divers services d’étudier complètement la tota-lité de leurs besoins, et du 20 au 31 octobre eurent lieudans le cabinet du ministre plusieurs conférences entre ledirecteur du Contrôle, les directions intéressées et moi.Elles aboutirent, en novembre, à l’établissement d’un étatde dépenses particulièrement urgentes, à réaliser en cinq ans,dont le montant s’élevait à 246 600 000 francs. Sur ce total33 200 000 francs étaient à prévoir pour l’exercice 1912.