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MÉMOIRES DU MARÉCHAL J OFFRE
Le 6 janvier 1912, le ministre de la Guerre communiquaità son collègue des Finances son projet de budget en deman-dant que des autorisations de dépenses lui fussent accor-dées sous forme de crédits hors budget ; il voulait de cettemanière éviter l’introduction de ces crédits dans larubriquedes dépenses extraordinaires, ce qui aurait retardé la pos-sibilité de commencer les travaux et attiré inopportuné-ment l’attention sur l’effort que nous allions faire ; on nedoit pas oublier, en effet, qu’à cette date le traité du4 novembre 1911 relatif au Maroc n’était encore ratifiéni en France, ni en Allemagne .
De laborieuses discussions venaient de s’ouvrir entre laGuerre et les Finances lorsque survint, le 12 janvier 1912,la chute du ministère Caillaux. Nous allions pouvoirmesurer, une fois de plus, les inconvénients de l’instabilitéministérielle.
En effet, le 17 janvier, MM. Poincaré, Millerand etKlotz, les nouveaux titulaires des portefeuilles de la pré-sidence du Conseil, de la Guerre et des Finances se réu-nirent pour examiner la demande de crédits hors budgetprésentée pour 1912. Au cours de cette discussion, cer-taines dotations prévues furent fortement réduites, celledes camps d’instruction dont je parlerai plus loin fut sup-primée ; celle qui était destinée à la transformation des obusen fonte en obus en acier dans les approvisionnements desplaces fut augmentée d’un million. Le principe des créditsextraordinaires posé par la lettre du 6 janvier étant cepen-dant maintenu, le montant des crédits se trouva réduitde 246 millions à 50 700 000 francs, et la dotation del’exercice 1912 de 33 200 000 francs à 21 300 000 francs,qui ajoutés aux 119 millions dont j’ai parlé tout à l’heure,ouvraient au ministre de la Guerre un crédit total de135 millions. (Les Allemands dans le même temps endépensaient 216). Le programme ne faisait plus état descrédits prévus pour les obusiers de campagne, ni pourl’artillerie lourde, en ce qui concernait la substitutiond’affûts-plateformes métalliques aux affûts actuels desplaces ; il ne faisait plus état non plus du projet de subs-