LES BUDGETS DE LA GUERRE
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titution de la poudre B à la poudre noire dans les places,qui avait été prévu pour les exercices 1912 à 1917 ; il neparlait pas davantage des crédits demandés pour le cou-chage auxiliaire et le campement, prévus pour les exer-cices 1912 à 1917.
Le 21 novembre 1912, j’appris indirectement queM. Chéron , rapporteur général de la Commission du budget,avait écrit au ministre de la Guerre pour lui demandersi les crédits sollicités par son département correspondaientbien à la totalité des besoins des services. A la suite decette intervention, les 1 er , 14, 18 et 19 décembre 1912,des conférences furent tenues sur l’ordre du ministreentre les directeurs intéressés et le directeur du Contrôlepour arrêter la liste des dépenses particulièrement urgentes :le total en fut arrêté à 469 millions dont 109 400 000 francspour l’année 1913. Mais un nouveau changement de minis-tère survenu le 13 janvier 1913 vint encore apporter unnouveau retard à l’exécution du programme des travauxà exécuter.
Or, les événements se précipitaient; malgré l’arrange-ment conclu avec l’Allemagne en novembre 1911 après delongues et pénibles négociations, une vive émotion serépandit en France en février 1913, à la nouvelle des aug-mentations énormes d’armement projetées par l’Alle-magne . Le Conseil supérieur de la Guerre se réunit àl’Élysée , et adopta à l’unanimité le principe du retourau service de trois ans ; le Parlement vota peu après lescrédits nécessaires pour le maintien de la classe libérable,et le pays, devant l’imminence du danger, parut résolu auxplus rudes sacrifices pour assurer sa défense.
Le 14 février 1913, une conférence réunit chez M. Briand,le nouveau président du Conseil, avec les ministres desFinances et de la Guerre, les représentants des Commissionsde l’armée et des finances des deux Chambres. On dis-cuta le programme arrêté en décembre 1912, et il futdécidé que la question d’autoriser l’engagement immédiat,par anticipation, d’une partie des dépenses, serait examinéeen Comité secret par la Commission des finances du Sénat.