l’artillerie
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l’avis des services techniques, admit qu’il était encore né-cessaire de procéder à de nouvelles expériences pour l’obu-sier, et il déclara qu’il renonçait à ce crédit de 80 millionsdestiné à l’obusier léger. En même temps, se produisit unfait qui eut de singulières conséquences.
Les services techniques, qui rêvaient, comme je l’ai dit,de ne point encombrer notre armée de pièces lourdes parcrainte de nuire à ses qualités manœuvrières, avaient re-cherché une solution permettant de parer aux inconvé-nients que présentait la tension de la trajectoire du 75pour battre les angles morts et les objectifs fortementdéfilés. Trois procédés avaient été proposés :
L’emploi des charges réduites. On faisait à ce procédéle reproche de compliquer les approvisionnements ;
Le tir fusant de l’obus explosif auquel les exécutantsétaient hostiles pour des raisons techniques ;
Enfin la plaquette du commandant Malandrin, qui per-mettait d’augmenter la courbure de la trajectoire ; cette so-lution paraissait résoudre le problème d’une façon simple etéconomique.
Ce procédé était recommandé à titre provisoire par laCommission des nouveaux matériels, en attendant la cons-truction des obusiers légers. En mars 1913, une séancesolennelle était organisée pour la conclusion des essais dela plaquette Malandrin devant le ministre, les membresdu Conseil supérieur de la guerre, et les Commissions del’armée. Les expériences furent suivies avec enthousiasme ;une réclame habile fit valoir que la plaquette présentaitl’avantage de faire du 75 un canon à deux fins, à volontécanon à tir tendu et canon à tir courbe. En vain on fit re-marquer, qu’en tout état de cause, le poids du projectilerestait très inférieur à celui du projectile de l’obusier alle-mand , et surtout que la trajectoire était réduite par l’adop-tion de la plaquette. Rien n’y fit. L’obusier de campagnefut définitivement écarté, et remplacé par ce moyen de for-tune assez grossier, somme toute.
Pour ma part, je ne partageais pas l’engouement gé-néral, et je persistais à penser que la question de l’obusier