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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

nétait pas résolue. Sans doute, la plaquette Malandrinétait une très ingénieuse solution ; mais son principal in-convénient était, comme je viens de le dire, de diminuer laportée des pièces. Cest dailleurs ce que le général Ruffey,alors commandant du 13 e corps darmée, écrivait dans unenote doctobre 1913 : « Lartillerie française sadmire dansson 75. Les Allemands nous attaqueront avec des obusiersde 10,5 et de 15 ; ils ont des échelles montant à 16 mètres :nous ne leur opposons que des obus inférieurs ; nous comp-tons, il est vrai, sur les aéroplanes qui allongent considé-rablement la durée du réglage et sur le téléphone ; nousnavons que de mauvaises lunettes, des rossignols. Con-clusion : la supériorité adverse sera écrasante. »

Décidé à ne pas abandonner la partie, je revins une foisde plus à la charge, et jobtins en février 1914, de M. Nou-lens, le nouveau ministre, que la direction de lartillerieserait invitée à faire aboutir dans le plus bref délai les étudesrelatives au perfectionnement des projectiles de 75, per-mettant en particulier de tirer au delà de 6 000 mètres ;et jappelai une fois encore lattention du ministre surla nécessité reconnue dun canon court de campagne.Le 26 du même mois, une nouvelle note invita la directionde lartillerie à pousser létude dun obusier de 120 duneportée au moins égale à celle de lobusier de 15 allemand. Nos efforts ne furent pas absolument vains, puisque desexpériences purent avoir lieu sur ces données à la fin dejuillet 1914. Ces résultats venaient malheureusement troptard, et la guerre éclata sans que nous ayons dobusier decampagne.

La lutte que javais entreprise en faveur du matériel nemavait pas fait perdre de vue lorganisation généralede notre artillerie lourde. On a vu quun premier régimentlourd avait pu être constitué à Rueil. Il navait pas étépossible den faire davantage, à ce moment, en raison dumanque de personnel disponible. Mais, lorsque la loi detrois ans fut mise à létude en 1913, je fis introduire dansles projets pour lutilisation des effectifs supplémentairesdonnés par la loi, la création de quinze batteries nouvelles ;