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1 (1932)
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106 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

plans ; les Affaires étrangères répondraient alors en faisantconnaître les possibilités diplomatiques. « En diplomatie,ajouta-t-il, on table sur des probabilités, jamais sur descertitudes. »

Je ripostai en montrant que, par exemple, du seul pointde vue militaire, notre intérêt serait de porter la guerreen Belgique , et que cependant cette question relevait avanttout du domaine diplomatique. M. de Selves me réponditquau moment la guerre avait récemment failli éclater,la question belge avait été discutée entre le chef détat-major général et lui-même, et il avait été entendu quenous nous tiendrions prêts à pénétrer en Belgique si lesAllemands violaient les premiers la neutralité de la Bel-gique ; dans ce cas, nous pourrions étendre nos opérationsdans le Luxembourg belge. Pour terminer, il se déclararebelle à tout mémorandum, et déclara préférer le sys-tème des conférences entre représentants des Affairesétrangères et de la Guerre. Le Conseil fut interrompu parlentrée du président du Conseil, M. Caillaux , qui prit aus-sitôt la parole et appuya fortement la manière de voirde M. de Selves. M. Fallières essaya bien dintervenir,mais M. Caillaux lui coupa presque la parole. La partieétait perdue. Le Conseil refusait de prendre les responsa-bilités qui me semblaient être de sa compétence. Fina-lement, on décida quune conférence aurait lieu prochai-nement entre des représentants du ministère de la Guerreet des Affaires étrangères « en vue détablir une ententesur les questions dordre diplomatique susceptibles din-fluencer les opérations ». Une autre conférence fut décidéeentre les représentants de la Guerre et des Finances « pourvérifier si les armées pourraient disposer des ressourcesfinancières nécessaires à leur entretien pendant les pre-miers mois qui suivraient la mobilisation ».

Cinq jours plus tard, le 16 octobre, je rencontrai ledirecteur des Affaires politiques du ministère des Affairesétrangères. Je lui remis une note basée sur les renseigne-ments que nous tenions de nos attachés militaires ; cettenote avait pour objet de faire préciser les points quil