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1 (1932)
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108 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

[a ligne de conduite à tenir en cas de guerre avec lAllemagne .Il ressort des conférences les plus récemment tenues que nouspourrons espérer voir 150 000 soldats britanniques venir ànotre gauche vers le quinzième jour de la mobilisation;dautre part, laction combinée des deux flottes a été égale-ment envisagée, les Anglais recherchant la supériorité dans lamer du Nord et les Français en Méditerranée.

Nous souhaiterions savoir si les relations établies entre états-majors sont la conséquence dun traité ou dun accord écrit ouverbal entre les deux gouvernements, ou bien sils résultentdun consentement tacite entre ceux-ci.

En outre peut-on admettre que, selon toutes probabilités ,lAngleterre serait à nos côtés dans un conflit contre lAllemagne ?

En ce qui concerne la Suisse , il semble de plus en plus quecelle-ci subit linfluence autrichienne et nourrit des sentimentspeu bienveillants contre la France . Il nous semble cependantpeu probable quelle sorte de sa neutralité, en raison des grandsavantages que celle-ci lui donne. LAllemagne , dautre part,naurait que peu dintérêt à violer cette neutralité ; lAutriche ,selon toutes probabilités, ferait son principal effort contre laRussie . Dans ces conditions, nous estimons quil ny a pas lieude se préoccuper dune intervention suisse .

En raison de la faible étendue de frontière commune à laFrance et à lAllemagne , dailleurs hérissée de fortifications,de part et dautre, et de la difficulté dy faire mouvoir des massesarmées considérables, les Allemands, comme les Français dail-leurs, auraient avantage à développer leurs manoeuvres autravers de la Belgique. Larmée belge serait dailleurs incapablede sopposer à une violation de son territoire. Létat-majorfrançais na jamais cru pouvoir violer le premier la neutralitéde la Belgique ; outre que ce serait renier notre signature, ceserait une provocation capable de nous aliéner la Russie etlAngleterre . Mais daprès tous les renseignements en notrepossession, on est fondé à croire que les Allemands ne pensentpas respecter comme nous-mêmes cette neutralité.

Vu la gravité de la question, il nous serait utile de connaîtrelavis du Conseil supérieur de Défense nationale sur lautorisa-tion à donner au commandant en chef détendre en Belgique sa zone dopérations à la seule nouvelle de la violation de cepays par les Allemands ; dautre part, est-on parfaitementdaccord sur linterdiction pour nos troupes de violer les pre-mières le territoire belge ?