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montra que les ressources financières avaient été bienprévues.
Comme on le voit, si du point de vue financier la si-tuation était nette, dans le domaine de la politique géné-rale, les questions que j’avais soulevées n’avaient quepartiellement éclairci le problème très complexe que re-présentait pour nous la perspective d’une guerre contreun pays qui ne respecterait la neutralité belge que dansla mesure où il y trouverait son intérêt.
Sans perdre de temps, j’adressai au chef d’état-majorde l’armée, le 27 octobre, une note l’invitant à mettresans délai à l’étude les questions suivantes :
1° Possibilité de hâter les opérations de mobilisation d’uncertain nombre de corps d’armée, de manière à gagner uneavance notable (vingt-quatre heures au moins) sur la date ducommencement de leur enlèvement en chemin de fer ;
2° Possibilité d’accroître le rendement des lignes de trans-port, de manière à réduire sensiblement la durée des transportsde concentration ;
3° Conditions d’emploi sur la frontière du Nord-Est de troupesd’Algérie, de Tunisie et ultérieurement du Maroc ; au lieu degrouper ces troupes en corps d’armée il y aurait peut-être avan-tage à les grouper en divisions pouvant être affectées chacuneà une armée différente. Cette manière de faire permettrait delaisser en Algérie le commandant du 19 e corps dont la présencepourrait devenir nécessaire en Afrique du Nord ; cette solutionserait également plus souple, et se prêterait à des transportséchelonnés suivant les circonstances politiques du moment;elle mettrait à la disposition des commandants d’armée unedivision réservée, formée de troupes excellentes, dont le prestigeétait considérable de l’autre côté du Rhin ;
4° Conditions d’emploi des troupes des Alpes qui constituaientle 21 e corps. Pour les mêmes raisons que je viens de dire pourles troupes d’Afrique, il convenait de former trois divisions avecles troupes des Alpes : les deux premières formées de bataillonsde chasseurs alpins, la troisième de troupes actives de place ;
5 e Transport des 14 e et 15 e corps d’armée, ainsi que des pre-miers éléments de troupes alpines à la droite du dispositif deconcentration des armées du nord-est dans la région des Vosgesoù leur place était tout indiquée ;