Druckschrift 
1 (1932)
Entstehung
Seite
116
Einzelbild herunterladen
 

116 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

pations suivantes : ne pas permettre aux Français devioler la terre dEmpire , les tromper sur les intentionsvéritables du commandement allemand , et retarder sipossible jusquà un premier succès la violation de la Bel-gique . On pouvait admettre que, dans ce cas, la manœuvrese déroulerait en deux temps : le premier ayant pour butdécraser les forces françaises engagées entre les Vosgeset Nancy , le deuxième temps devant amener le franchisse-ment de la frontière belge par des armées réunies au nordde Trêves qui attaqueraient sur la Meuse en aval de Verdun .Dans cette dernière hypothèse, la Moselstellung sembleraitappelée à jouer encore un rôle fondamental : elle permet-trait de faire jouer à labri de toute investigation une massede manœuvre qui pourrait sengager vers le sud, le sud-est, le nord ou le nord-ouest, et de pouvoir ainsi, à volonté,déplacer le centre de gravité des forces.

De ces trois hypothèses, la première était la moins vrai-semblable parce quelle tenait peu de compte de linter-vention éventuelle des Anglais , et quelle engageait lamasse principale allemande à travers les massifs assezdifficiles de la haute Moselle ; par surcroît, elle expliquaitmal leffort matériel concentré depuis plusieurs annéesdans la région du nord de Trêves, et, comme je lai dit, ledéveloppement extraordinaire de la Moselstellung.

Les deux dernières, au contraire, qui envisageaient ledébarquement de forces importantes vers lEifel destinéesà se rabattre à travers la Belgique sur laile gauche fran-çaise justifiaient amplement les dépenses énormes enga-gées depuis dix ans pour le développement du groupeThionville-Metz .

Ainsi donc, létude du rôle présumé de la région forti-fiée Metz-Thionville nous conduisait à considérer commevraisemblable la violation de la Belgique . Elle expliquaitle jugement formulé dans la critique de lexercice faiten 1906 par létat-major allemand :

« On a donné à la place de Metz , lisait-on dans ce docu-ment, la grande extension quelle possède aujourdhuipour quelle puisse coopérer aux opérations. Les forts