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poussés au loin donnent à une armée composée d’un grandnombre de corps la possibilité de se rassembler complète-ment à l’abri de l’adversaire et en dehors de ses vues, etde produire un effet de surprise par une brusque irruption.La place de Metz n’a pas été créée pour être défendue parune armée, mais bien pour faciliter les mouvements d’unearmée dans sa zone. »
Ainsi donc, il apparaissait comme indispensable depréciser notre position vis-à-vis des Belges dans cettehypothèse, et d’obtenir du gouvernement français qu’ilprenne ses responsabilités, et qu’il fixe l’attitude à observer.
C’est dans ces conditions qu’au Conseil supérieur de laDéfense nationale du 9 janvier 1912, présidé par M. Fal-lières, la question suivante fut posée :
« Nos armées pourront-elles pénétrer en territoire belgedès la première nouvelle de la violation de ce territoire parles Allemands? Sont-elles en droit de ne pas faire étatde la neutralité luxembourgeoise? »
La réponse de l’unanimité du Conseil, après que M. deSelves eut déclaré que tel était bien notre droit, fut celleque je désirais. Je fis remarquer qu’il était indispensablepour nous de posséder avant le quatrième jour de la mobi-lisation des renseignements sur les intentions anglaises,car à cette date devaient commencer les transports stra-tégiques, et il serait encore possible de faire varier lecentre de gravité de notre concentration.
Dans cette même séance, je m’étais proposé de faireapprouver les directives générales, dont j’avais prescritl’étude, le 27 octobre, à l’état-major de l’armée. Jedemandai donc au Conseil de décider :
1° Si la défense des Alpes, des Pyrénées et des côtes pou-vait être confiée à des unités de réserve et de l’armée terri-toriale ;
2° Si, en outre, il était d’avis que nos corps actifs devaientêtre transportés tous et le plus rapidement possible sur lefront du nord-est ;
3° Si, enfin, le transport du 19 e corps d’armée devraitêtre assuré dès que ce corps serait mobilisé.