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rigées en vue d’effets de parade, sans qu’on se préoc-cupât de tenir un compte suffisant des réalités de la guerre.La troupe avait bon aspect, les hommes paraissaientvigoureux et bien entraînés.
De ces divers contacts avec l’armée russe, il résultapour nous une connaissance assez précise des possibi-lités de nos alliés.
Nous savions qu’outre ses 27 corps d’armée actifs, laRussie serait en mesure de mobiliser 28 divisions deréserve. Grâce aux progrès matériels de toute natureréalisés, on pouvait compter que le quinzième jour de lamobilisation, les corps d’armée frontière pourraient êtreà pied d’œuvre : 8 à 9 corps d’armée face à la Prusseorientale sur le front Kowno-Grodno-Varsovie et 7 corpsd’armée face à la Galicie sur le front Lublin-Cholm-Rowno. Vers le vingtième jour, le groupe d’armées dunord-ouest opposé à l’Allemagne pourrait être porté à11 corps d’armée, et celui du sud-est à 9 corps d’armée.En outre, une armée de réserve de 4 corps d’armée pour-rait être rassemblée dans la région de Brest-Litowsk.C’est donc vers le vingtième ou le vingt-troisième jour seu-lement que 24 corps d’armée sur 27 corps actifs pour-raient donner toute son ampleur à l’offensive. Enfin,vers le vingt-sixième jour, la plus grande partie des divi-sions de réserve pourrait être débarquée dans la zonede concentration.
L’offensive principale devait avoir, en principe, commeobjectif l’armée allemande. Cette mission incombait augroupe d’armées du nord-ouest qui progresserait par songros sur Allenstein et Thorn, tandis que sa droite se por-terait du Niémen sur Kœnigsberg. Le groupe d’arméesdu sud aurait comme objectif l’armée autricbienne deGalicie .
R n’échappera à personne combien la situation étaitdélicate pour l’armée russe, et combien, en consentant àune offensive importante avant d’avoir concentré tous sesmoyens, elle faisait preuve d’abnégation. En effet, deVarsovie à Kowno , il y a 350 kilomètres. Une offensive