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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL J OFFRE

quune décision naurait pas été obtenue sur le front occi-dental.

Dans cette hypothèse, il était à peu près certain queles Allemands violeraient la neutralité belge . Mais, dèslors, ils nous ouvriraient les portes du seul terrain demanœuvre nous pouvions développer nos armées.

Mais alors se posait la question de savoir quelle enver-gure les Allemands pourraient donner à leur manœuvre.

Un exercice sur la carte exécuté au grand état-majorallemand en 1905, dans lequel avait été précisément étudiéela manœuvre de la droite allemande à travers la Bel-gique , était arrivé jusquà nous. Dans cette étude, lailedroite allemande ne sélevait pas au nord de la Meuse deNamur à Liège . Ce document navait, évidemment, quela valeur toute relative dune étude théorique, mais cétaittout de même une indication.

Cette grave question fut longuement discutée par nouset tout particulièrement avec le général de Castelnau, lechef du 3 e Bureau, le colonel Hallouin et les officiers du2° Bureau (1). Il nous apparaissait que la nécessité pourles Allemands de réduire tout dabord les places de Liège et de Namur, les inclinerait à limiter lenvergure de leurmouvement au sud de la Meuse.

Nous estimions, dautre part, que la violation plus com-plète de la Belgique serait de nature à faire entrer certai-nement les Anglais dans la lutte, à cause de la menacecontre Anvers, tandis que limitée à la rive sud du fleuve,il était possible que les Anglais demeurassent indifférents.

En outre, lutilisation par les Allemands du grand-duchéde Luxembourg et du Luxembourg belge leur permettaitde disposer de quinze routes et trois voies ferrées, ce quisemblait suffisant pour faire mouvoir les forces quilsconsacraient à leur aile droite.

En effet, nous admettions, et cétait principalement lavis du général de Castelnau que les Allemands

(1) 3° bureau : bureau des opérations ; 2° bureau : service des ren-seignements.