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1 (1932)
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LA PRÉPARATION ALLEMANDE

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frontière seraient à effectifs renforcés ; nous devions, enconséquence, envisager léventualité dune attaque brus-quée dans les tout premiers jours de la mobilisation, etmême le premier jour, si nos adversaires parvenaient àdissimuler les premières opérations de leur mobilisation.Quant au reste de larmée allemande, il paraissait certainque sa concentration seffectuerait dans un délai pluscourt quil nétait prévu auparavant. Or, nos 3 corpsdarmée qui montaient la garde à la frontière, étaienten infériorité numérique trop marquée par rapport aux5 corps darmée allemands qui leur faisaient face. Jai ditdans le chapitre précédent comment la loi de trois ansvotée en France le 6 juillet 1913 nous permit de parer audanger qui menaçait notre couverture.

Après avoir défini ce que nous savions de larmée alle-mande, il importe maintenant dindiquer les hypothèsesque nous faisions sur les plans dopérations de nos futursadversaires.

Tout dabord, il était possible que létat-major alle-mand reprît le plan du vieux Moltke les documentsdaprès guerre nous ont prouvé que nos adversaires y ontsongé en engageant loffensive principale contre laRussie , et en se contentant, au début, sur le front occi-dental dobserver une attitude défensive. Il était évidentque dans cette hypothèse les Allemands navaient pasintérêt à violer les territoires neutres de Belgique et duLuxembourg, et que la droite de leur déploiement straté-gique se limiterait à la région de Trêves. Dans ce cas,étant donné nos engagements, la Belgique nous eût étépareillement interdite.

Ce plan offrait pour lAllemagne dincontestables avan-tages ; en particulier, il rendait très improbable linterven-tion des Anglais à nos côtés. Cette solution nous condam-nait à déployer toutes nos forces entre le Luxembourg etles Vosges, en face de la redoutable position de Metz .

Une autre hypothèse était celle les Allemands pren-draient tout dabord loffensive contre nous, en conser-vant une attitude défensive vis-à-vis des Russes , tant