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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

tion dune concentration susceptible de répondre à toutesles manœuvres possibles.

Dailleurs, lorsquil sagissait de déterminer la zonegénérale de concentration, il faut remarquer que la diffi-culté de placer commodément faute despace suffisant lesmasses considérables transportées à la frontière, les ser-vitudes imposées par le tracé des voies ferrées, la dispo-sition des ateliers de débarquement, avaient pour consé-quence de restreindre entre des limites assez étroiteslamplitude des déformations quon pouvait faire subir àcette zone générale. Dailleurs, les divers projets dopé-rations quon pouvait envisager ne se différenciaient guèreen ce qui concerne la réunion des armées que par les con-ditions du groupement et de la densité des forces à linté-rieur de cette zone.

Les effectifs mis en ligne étant hors de proportion avecle développement de la frontière franco-allemande, cétaitsur une largeur correspondant à ce développement quedevaient se concentrer les armées françaises. De toute évi-dence, la ligne de la Meuse en aval de Pagny et celle dela Moselle en amont de Toul jalonnées par nos grandesplaces fortes, protégées par nos troupes de couverture,devaient constituer le front naturel de notre concentration.Cette ligne me paraissait assez rapprochée de la frontièrepour que nos armées ne perdissent pas le gain de tempsréalisé dans la réunion des forces, et pour quune tropvaste étendue de territoire ne fût pas abandonnée à len-nemi au cas nous serions forcés dadopter momenta-nément une attitude défensive.

A labri de cette barrière, nos armées pourraient effec-tuer leurs débarquements en toute sécurité, se grouperà la demande du plan dopérations que jaurais choisi, etse former ensuite soit pour recevoir lennemi, soit pourentamer des opérations offensives.

Cette solution me semblait favorable, car elle nousplaçait dans une position stratégique centrale, permettantloffensive ou la défensive face à lest, si lennemi débou-chait directement dAlsace-Lorraine ; elle nous permettait