LA GENÈSE DU PLAN XVII
153
extension de notre dispositif, dont la gauche serait audébut, comme on vient de le voir, fortement étoffée etéchelonnée largement en profondeur. Si notre attaque d’ailepar le grand-duché aboutissait à un succès, une partie desarmées allemandes de Lorraine pourrait être enfermée dansMetz , et l’exploitation de notre victoire par le Nord nousconduirait sur les lignes de retraite de ces armées et nouspermettrait de les rejeter sur l’Allemagne du Sud.
Cependant, je ne dissimulais pas que ce'projet n’allaitpas sans présenter des inconvénients sérieux. Tout d’abord,l’impossibilité de déployer vers le Nord des forces impor-tantes sans violer le territoire belge , nous obligeait àchercher la décision par la combinaison de deux attaquesqui allaient se trouver séparées par la zone fortifiée Metz -Thionville ; en fait, c’étaient deux actions distinctes entrelesquelles la concordance serait difficile à établir. En secondlieu, le débouché en Luxembourg pouvait être très ardu,et il risquait en tout cas d’être long, si l’adversaire occu-pait une position de barrage enveloppante. Retardantnotre offensive au Nord, les Allemands pourraient agiravec le gros de leurs forces contre l’armée débouchantsur Château-Salins et Faulquemont en prêtant son flancdroit aux attaques ennemies parties de la région de Sarre-bourg. Enfin, un succès des forces allemandes débouchantdes Vosges et de Sarrebourg sur notre droite, en directionde la trouée de la Moselle , aurait pour conséquence denous placer dans une situation difficile, puisque la masseprincipale de nos armées serait exposée à se voir coupée parl’ennemi du reste de la France .
Comme on le voit, les avantages et les inconvénients deces deux projets de manoeuvre semblaient se balancer.
Il convenait encore de déterminer sommairement lesopérations subordonnées, communes aux deux projets. Cesopérations pouvaient se définir ainsi :
1° Blocus du front ouest de la région fortifiée Metz -Thionville et du front sud de Metz entre la Moselle et la Seille ;
2° Protection du flanc gauche de l’ensemble de notredispositif contre une attaque venant de Belgique ;