LA MISE SUR PIED DU PLAN XVII
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en avant en les faisant suivre par des débarquements suc-cessifs.
Ces diverses mesures devaient nous donner dans la concen-tration une souplesse que l’incertitude de la situation rendraitplus précieuse.
Les transports stratégiques devaient commencer intensive-ment dès le 5 e jour, à raison de 56 marches par ligne et par jour,et, dans ces conditions, nous pouvions être prêts à entrer enaction dans la zone d’opérations :
La cavalerie, le soir du 4 e jour,
Les éléments combattants des corps d’armée du 9 e au 10 e jourau soir,
Les divisions de réserve, la moitié le 11 e jour à midi, l’autremoitié le 13 e jour au soir,
Les divisions d’Algérie-Tunisie seraient transportées à Mar-seille pour le 7 e ou le 9 e jour ; elles pourraient être le matin du16 e jour entre Toul et Épinal, ouïe 17 e jour au nord de Toul .La division alpine serait transportée dans des conditionsanalogues.
En ce qui concerne la couverture , le document remis auxmembres du Conseil supérieur de la Guerre faisait ressortir lafaiblesse de nos effectifs en face de la couverture allemandeet la trop grande largeur de nos secteurs de nos 3 corps d’arméefrontière. Cette situation motivait la loi de recrutement sou-mise au vote du Parlement, le projet de loi demandant la créa-tion d’un 21 e corps à Épinal , et le projet de décret modifiant leszones territoriales des 2 e , 6 e , 7 e et 20 e corps, de façon à faireparticiper le 2° corps à la mission initiale de couverture.
Les études préparatoires avaient fait ressortir l’impor-tance de la possession de la ligne de la Meurthe . Le 20 e corpsétait en état d’assurer la défense, à condition que son secteurfût limité à la Moselle à gauche et à la forêt de Parroy àdroite. La partie restante du secteur du 21 e corps, c’est-à-dire la région de Saint-Dié-Baccarat pourrait être l’objetd’une attaque brusquée de la part du corps d’armée allemand récemment créé à Sarrebourg . Dans ces conditions, la créationdu 21 e corps constitué par prélèvements sur les 7 e , 20 e et 14 e corpset la 19 e brigade d’artillerie, avec des garnisons placées entrela Meurthe et la Moselle , semblait une garantie essentielle. Lesecteur de couverture du 21 e corps s’étendrait de la région desHautes-Vosges vers Fraize jusqu’à Manonvillers, englobant