r
202 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
sion politique. Je donnai l’ordre de reprendre ce documentet de le mettre à jour. Cette révision donna naissance àdeux mémentos très détaillés, en date du 4 avril 1914,visant d’une part les mesures à ordonner aux commandantsde corps d’armée, d’autre part celles à prendre directementpar le ministre. On verra dans la suite de cet ouvrage que,pendant la période de tension politique de la fin de juillet,on fit jouer toute une série de ces mesures; les autres pa-rurent de nature à donner des arguments à nos adversaires ;elles ne furent pas appliquées. Je me contente de noterici que l’Allemagne ne témoigna pas des mêmes scrupules.
J’ai indiqué déjà que notre système fortifié, malgréplusieurs lacunes, était en état de concourir efficacementà la couverture de la concentration et du déploiement desarmées de campagne ; mais j’ai dit aussi que notre systèmefortifié était insuffisant pous assurer le débouché de nosarmées. J’ai été amené à indiquer de quelle manière j’avaisréglé cette question en faisant appel aux ressources de lafortification du moment. Un inventaire raisonné des élé-ments de notre système fortifié m’apparut indispensable ;d’ailleurs, l’attention du public se portait à ce moment surtout ce qui intéressait notre organisation militaire, et despolémiques s’étaient engagées à ce sujet au Parlement etdans la presse. Je résolus donc de revoir en détail chacunede nos diverses places, et de fixer celles d’entre elles surlesquelles il conviendrait de concentrer nos efforts et lescrédits qui nous seraient accordés. Je fis faire, en consé-quence, une étude approfondie de la question, le but à pour-suivre étant d’établir l’assiette générale des organisationsfortifiées dans des conditions favorables pour les opéra-tions. Cette étude portait non seulement sur nos frontièresdu Nord-Est et du Nord, mais encore sur les frontières se-condaires des Alpes, des Pyrénées et des côtes.
Le 21 février 1914, le résultat de cette étude me futsoumis en ce qui concernait la frontière du Nord-Est ; elleconcluait qu’il y aurait avantage au point de vue desopérations :