NOTRE SYSTÈME FORTIFIÉ
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1° A organiser une région fortifiée comprenant les troisgrandes positions de Toul, de Frouard et de Saint-Nicolas-Tonnoy au sud de Nancy ;
2° Au sud de cette région, à étendre jusqu’au Durbionles défenses de la plaine d’Ëpinal, et à remettre en valeurle fort du Mont Bart au sud de Belfort ;
3° Au nord de la région de Nancy , à remettre en valeurl’ensemble Girouville-Jouy ; à étendre la place de Verdunjusqu’à Haudiomont par une position extérieure installéesur le plateau des Blusses ; à créer à Montmédy une placepour servir de pivot à la conversion que notre aile gaucheaurait à faire si les conditions nous permettant d’entrer enBelgique se réalisaient.
Des positions du moment devraient être organisées enavant de la forêt de Charmes et sur les Hauts-de-Meuse.
Les forts du Jura au sud de Pontarlier , la place deLongwy, le camp retranché de Lille étaient proposés pourun déclassement. En ce qui concerne Lille , il semblait que,par sa situation topographique, cette ville ne se prêtaitpas à l’organisation d’un camp retranché qui pouvait êtretourné de tous côtés et ne permettait aucune manœuvre.
Après une étude détaillée des besoins des diverses places,je songeai à soumettre ce programme au Conseil supérieurde la Guerre. Ses membres furent, à cet effet, convoquéspour le 21 juillet 1914 dans la cabinet du ministre de laGuerre. L’ordre du jour de la séance comprenait : la situa-tion de la défense des grandes places, l’examen des nou-veaux matériels d’artillerie de siège et de place, l’emploi del’artillerie dans la défense et l’étude de l’emploi des avionsdans les places de guerre.
Mais déjà la guerre grondait; des préoccupations plusimmédiates se présentaient à nos esprits. C’était le jour oùles avis préliminaires de mobilisation étaieïit donnés danstoute l’Allemagne ...
Il me reste un mot à dire sur les membres du Conseilsupérieur de la Guerre qui allaient partager sous mesordres la responsabilité de la conduite des opérations.