PREMIERES MESURES DE PRÉCAUTION
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voulut bien comprendre le sentiment qui me poussait àrevendiquer ma part de responsabilité, et il admit debonne grâce la nécessité de suivre l’ordre d’urgence dudocument dont je venais de lui rappeler l’existence. Et jepuis dire que depuis ce moment, le ministre ne fit riensans me consulter.
Pendant la nuit du 25 au 26 et dans la matinée du 26,d’inquiétantes nouvelles nous étaient parvenues. Nousavions, en particulier, appris que les officiers allemands enpermission en Suisse avaient été rappelés télégraphique-ment et que la garde des ouvrages d’art avait été mise enplace sur tout le territoire de l’empire. Je demandai auministre l’application de toutes premières mesures deprécaution prévues, à savoir :
1° Surseoir aux déplacements de troupes projetés ;
2° Suspendre les autorisations d’absence pour les offi-ciers et la troupe ;
3° Rappeler tous les officiers en permission ;
4° Rappeler tous les sous-officiers et soldats permission-naires.
M. Messimy me quitta pour se rendre au Conseil decabinet et y proposer l’adoption de ces mesures. Il enressortit à midi et demi ; il me fit connaître aussitôt quele Conseil avait admis les trois premières mesures ; quantà la quatrième, le Conseil avait estimé qu’en raison dutrès grand nombre de permissionnaires de moisson qu’il yavait alors, et de l’émotion que leur rappel produiraitdans tout le pays, il convenait d’attendre de savoir per-tinemment si, comme il nous était signalé de Suisse , lesAllemands avaient déjà adopté des mesures pareilles.
L’état-major de l’armée fit aussitôt partir les ordresd’exécution relatifs aux trois premières mesures ; je fisen même temps rappeler d’urgence à Paris le générald’Amade, le commandant éventuel de l’armée des Alpes,et son état-major, alors en voyage d’études et d’inspectiondans les Alpes . Les compagnies de chemins de fer etl’administration des chemins de fer de l’État reçurentdans la soirée un premier avis relatif aux dispositions à
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T. I.