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1 (1932)
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210 MÉMOIRES DU MARÉCHAL J OFFRE

prendre. Le ministre de lIntérieur fut en même tempsprié de prendre certaines mesures de sûreté, et dinviterles préfets à agir confidentiellement sur la presse afindobtenir delle le silence et la discrétion sur nos prépara-tifs militaires.

Lundi 27 juillet. Le lendemain 27 juillet, nousreçûmes une dépêche de notre attaché militaire à Viennedatée de la veille ; daprès ses informations, les 7 corpsdarmée austro-hongrois les plus voisins de la Serbie etde la Roumanie paraissaient être totalement mobilisés ;en outre, ceux de Vienne et de Gratz létaient partielle-ment : au total, 23 divisions dinfanterie étaient prêtesà la guerre, sans que lordre de mobilisation ait été lancé.Dautre part, les milieux militaires austro-hongrois sevantaient de lappui de lAllemagne. Il semblait bien quenous nous engagions sur une pente qui devait infaillible-ment nous conduire à la guerre.

En ce qui nous concernait, il suffisait de continuer àfaire appliquer les diverses mesures prévues, mais ilimportait de les prendre sans délai ; or, parmi celles-ci,le rappel des permissionnaires navait pu obtenir la veillelassentiment du gouvernement. Ce fut seulement dansla soirée du 27, vers 18 heures, que je pus obtenir duministre lautorisation de prescrire télégraphiquement cettemesure dans les corps darmée frontière et dans le gou-vernement militaire de Paris ; vers minuit, la mesure futétendue aux autres corps darmée et à la division deTunisie. Nous venions en effet dapprendre que les gar-nisons dAlsace-Lorraine étaient consignées et, détail carac-téristique, que les « collections de guerre » avaient étédistribuées dans ces garnisons.

Dans lordre des mesures prévues, il y en avait une duncaractère spécial qui nécessitait une décision gouverne-mentale : il sagissait de savoir sil y avait lieu de laissergroupées sous le commandement du résident général toutesles troupes du Maroc, tant occidental quoriental, ou bienden distraire les troupes des confins pour les rattacher au