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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

connaître que lesprit de. la nation semblait opposé à uneintervention militaire aux côtés de lAutriche , et que lesderniers événements avaient, au contraire, amené unmouvement marqué en notre faveur. Quatre classes deréservistes étaient rappelées pour le 1 er août.

En somme, le 30, en comparant les mesures prises enFrance et celles que nous savions déjà réalisées en Alle-magne (ce qui constituait un minimum), nous constationsque, si en France et en Allemagne les permissionnaires etles troupes absentes de leurs garnisons avaient été rappelés,si les ouvrages dart étaient dans les deux pays à labridun attentat, par contre lAllemagne avait pris une forteavance par les mesures suivantes :

Dispositions de couverture renforcée des VIII e , XVI e ,XXI e et XV e corps darmée ;

Installation à proximité de la frontière de troupes decouverture occupées à lexécution de travaux de fortifica-tion de campagne, et installation de batteries ;

Armement des places de la frontière, déboisements,construction de batteries intermédiaires et extérieures,réseaux de fil de fer, répartition des munitions, renforce-ment en matériel ;

Rappel de réservistes par convocation individuelle ;

Rappel des réservistes des classes 1903 à 1911, demeu-rant à létranger ;

Convocation des officiers de réserve ;

Gares occupées militairement ;

Routes de France barrées et gardées.

Les chances de guerre me paraissaient maintenant sinombreuses, que je décidai de constituer, sans plusattendre, le noyau de mon futur grand quartier général,et, en particulier, de réunir les officiers du Bureau des opé-rations ; de cette façon, ils pourraient suivre les événementsdès leur origine. Ce fut donc le 30 juillet que je convoquailes officiers qui devaient en faire partie, et ce fut le len-demain 31, dans la Salle des Maréchaux du ministère de laGuerre, quil commença de fonctionner. Le général Ber-thelot, Aide-Major chargé des opérations, avait sous ses