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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

de la mobilisation : la presse tout entière y rendait hom-mage, même M. Clemenceau.

Du côté de lennemi, rien encore de net ; il ne semblaitpas quil méditât une attaque brusquée en un point quel-conque. En tout cas, nous avions en place maintenantune couverture suffisante pour nous donner le temps deprendre des dispositions, si un incident venait à se produire.

En Alsace , il ne semblait pas que le 7 e corps et la 8° divi-sion de cavalerie dussent se heurter à des forces biensérieuses. Je fixai donc au 7 au matin le début de notreoffensive en Haute-Alsace. Cet ordre parut prématuré à lal re armée ; en effet, le 6, le général Dubail me demanda deretarder cette opération, le général Bonneau commandantle 7 e corps ayant exprimé des craintes au sujet de son flancdroit et de ses derrières, et faisant, en outre, état de rensei-gnements signalant larrivée imminente en Alsace duXIV e corps autrichien parti, disait-on, dInnsprück le 4 août.

Ces raisons me parurent sans valeur : dabord, toutes lesreconnaissances davions rapportaient une impression devide absolu dans toute la région Mulhouse-Altkirch -Dannemarie, tandis que les trains signalés sur la rive droitedu Rhin étaient tous dirigés vers le Nord. Dautre partles renseignements concernant le XIV e corps autrichienprovenaient de Suisse les Allemands entretenaient denombreux agents. Jenvoyai, en conséquence, lordre augénéral Dubail de ne rien modifier aux dispositions quejavais prescrites.

Cette journée du 6 devait mapporter dheureuses pré-cisions sur les projets russes. Jusque-, nous avions seu-lement appris sous une forme dubitative que la Russie comptait mettre en ligne les 14 corps darmée des circons-criptions de Vilna, Varsovie et Moscou .

Or, le 6 au matin, je reçus de M. Paléologue , notre ambas-sadeur à Saint-Pétersbourg , un télégramme dans lequel il mefaisait connaître que le grand-duc Nicolas layant reçule 5, il avait pu insister auprès de lui sur lurgence duneoffensive russe, le grand-duc lui avait affirmé sa résolutiondattaquer à fond sans même attendre la fin de la concen-