une estimation précise des forces allemandes signalées enBelgique. A son passage à Paris , le lieutenant-colonel Bré-card devait voir le Président de la République, le Présidentdu Conseil et les ministres de la Guerre et des Affairesétrangères afin de les mettre au courant de l’objet de samission.
A peine avait-il quitté Vitry que je reçus la visite del’attaché militaire belge , le major Collon ; il m’apportaitla nouvelle que son gouvernement avait appelé l’arméefrançaise à son secours, et que toute liberté nous étaitdonnée de pénétrer en territoire belge . Peu de temps après,un télégramme de notre ministre des Affaires étrangèresme confirma ces décisions : on imagine avec quelle satis-faction, après les incertitudes des jours précédents, j’ac-cueillis ces nouvelles. Le brouillard se dissipait et la ma-noeuvre principale par la Belgique que j’avais toujoursconsidérée comme la plus désirable, allait pouvoir entrerdans la période de réalisation. J’avais hâte de profiter del’autorisation qui nous était donnée. Les premiers rensei-gnements reçus de Belgique avaient besoin d’être contrôlés,et j’envoyai, dès le soir même, au général Sordet qui setrouvait dans la région de Sedan l’ordre de marcher versNeufchâteau et de pousser son exploration en direction del’est et du nord-est jusqu’à la grande route Laroche-Bas-togne-A.rlon afin de préciser le contour apparent de l’ennemiet de retarder ses colonnes.
Dans le même temps,'l’horizon diplomatique s’éclair-cissait petit à petit : dans la soirée, j’apprenais que l’An-gleterre avait, le jour même, déclaré la guerre à l’Allemagne et que le premier jour de la mobilisation britannique seraitle 5 août.
Les comptes rendus sur l’exécution de la mobilisationet des transports continuaient à être entièrement favo-rables ; depuis douze heures, les troupes de renforcementde la couverture avaient toutes été débarquées sans in-cident. Le ministre me fit téléphoner par le général Ebenerque tout le pays se montrait favorablement impressionnéde l’ordre dans lequel s’étaient déroulées les opérationst. i. 16