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246 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
qu’au point de vue moral, une manifestation militaired’appui... »
Je comprenais, certes, l’importance de cet appel; maisdans l’état de groupement de nos forces, quel appui pou-vions-nous donner à l’armée belge ? Seul, le corps de cava-lerie pouvait faire immédiatement quelque chose Je luienvoyai donc, dès le début de cet après-midi du 7 août,l’ordre de se porter vers le nord, en lui indiquant qu’il yaurait intérêt au double point de vue moral et diploma-tique à entamer dès le 8 août, s’il estimait l’occasion fa-vorable, « une vigoureuse action » contre l’adversaire.
Cette action paraissait d’ailleurs d’autant plus utile etprobable que nos organes de renseignements nous si-gnalaient en face de Liège des éléments de six corps d’arméeprécédés de gros effectifs de cavalerie dans la région deMarche et orientés vers Dinant et Givet .
D’autre part, l’infanterie du 2° corps d’armée françaisetenait les passages de la Meuse au sud de Namur en liaisonavec l’infanterie belge .
Dans l’état actuel, c’est là tout ce que nous pouvionsfaire.
Bientôt, me parvint du ministère l’avis qu’il était ques-tion d’un armistice entre les armées belges et allemandes :le Président de la République demandait que j’interviennedirectement auprès du commandant de l’armée belge pourdonner mon avis. Je m’empressai de faire savoir à ce dernierpar l’entremise de notre attaché militaire que j’estimaisnécessaire de répondre par un refus à la demande d’armis-tice présentée par les Allemands.
Le sentiment d’insécurité et d’inquiétude qui nous venaitde la situation en Belgique , malgré qu’elle se fut préciséedans une certaine mesure, s’aggravait par la difficulté quej’éprouvais à être renseigné sur les événements qui s’y dé-roulaient. En voici un exemple : dans cette journée du7 août, nous reçûmes la nouvelle de la chute de la moitiédes forts de Liège ; le renseignement était d’importance etsemblait avoir toutes garanties d’authenticité. Or, le soirmême, nous apprîmes, cette fois-ci de source belge , qu’au-