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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL J OFFRE

le général Bonneau navait pas compris le rôle quil devaitjouer. Il ne sagissait pas de couverture, mais dune opé-ration nettement offensive ; cette extrême lenteur et cetteindécision étaient de nature à compromettre le succès duneopération dont jattendais, en plus dun effet moral im-portant, une sécurité pour la manoeuvre ultérieure de lal re armée en Basse Alsace. Jen fis télégraphiquementlobservation au général Dubail en lui demandant dexa-miner si le commandant du 7 e corps avait bien les qualitésvoulues pour remplir sa mission. Il semblait bien que, danstoute cette région, rien ne menaçait sérieusement le flancdroit du détachement dAlsace, dont javais été amenéà élargir la mission pour la faire rentrer dans le cadre desinstructions données aux armées de droite.

En effet, depuis la veille, les renseignements nous étaientparvenus en assez grand nombre sur les corps darméeallemands de lensemble du front. Cela sexpliquait aisé-ment, puisque les premiers transports de concentrationde nos adversaires devaient, daprès nos prévisions, com-mencer le sixième jour de la mobilisation allemande, cest-à-dire le 7 août. Dans ces conditions, nous pouvions admettreque cette concentration ne serait pas terminée avant le 13,date que nous avions admise dès le début comme pro-bable.

Grâce aux premières identifications obtenues, on pouvaitse faire une première idée de la concentration ennemie.

Il importe ici de rappeler quà cette époque, nous por-tions nos recherches tout particulièrement sur les corpsdarmée actifs, estimant que les unités de réserve ne vien-draient que sous la forme dappoint de deuxième ligne.Il nous semblait que si nous arrivions à déterminer lesemplacements des grandes unités actives, nous aurionsainsi précisé léconomie générale du dispositif ennemi.Cette tendance à nattribuer aux unités de réserve quunevaleur secondaire a eu, il faut le reconnaître, une influenceconsidérable sur le développement des opérations. Elledérivait de cette idée assez généralement admise, dans lesannées précédentes, que la guerre, devant être courte et