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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Ainsi donc, le gros des forces ennemies nous paraissaitconcentré derrière la « position de la Moselle » ; cettemasse pouvait aussi bien déboucher vers louest que con-verser vers le sud en sappuyant à la place de Metz . Quantà larmée de la Meuse qui nous semblait avoir atteint sacomposition normale, elle paraissait destinée à prolongerle mouvement de la masse principale soit vers louest,soit dans son mouvement de rabattement vers le sud.Enfin lattaque de Liège pouvait nêtre quune garantieprise vis-à-vis de larmée belge, en visant seulement àla conquête de cette importante tête de pont.

Ce nétaient que de simples hypothèses ; il étaitencore trop tôt pour étayer sur elles un plan de manœuvre.Désireux de narrêter mes décisions quen prenant pourbase des faits bien établis, jétais amené à réserver mesordres en ce qui concernait lemploi de nos armées degauche destinées à laction principale.

Tout autre était la situation en Lorraine et en Alsace :nos troupes y étaient au contact ; mon intention étantdappuyer au Rhin la droite de mon dispositif, il y avaitintérêt à rejeter les forces allemandes dAlsace sur Stras-bourg , de façon à obtenir une économie de troupes parun raccourcissement de notre front. En Lorraine , il yavait intérêt à fixer ladversaire et à mettre Nancy àlabri, pendant que séxécutait la mise en défense duGrand Couronné ; lattaque prévue contre les forces enne-mies de cette région pourrait obtenir ce résultat en mêmetemps quelle contribuerait à décongestionner le frontbelge, ou tout au moins à empêcher un glissement desréserves allemandes vers le nord. Mais il était certain, enraison du danger que constituaient à droite et à gaucheles positions de Metz et de Strasbourg , que cette attaquene pourrait pas rechercher un but lointain.

Or, les forces de nos l re et 2° armées sélevant à 10 corpsdarmée semblaient largement suffisantes pour être oppo-sées aux 6 corps darmée allemands repérés dans cetterégion ; il était donc possible, comme je lavais indiquéau général de Castelnau lors de la réunion des comman-