INSTRUCTION GÉNÉRALE N° 1
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dants d’armée, le 3 août, de prélever sur la 2 e armée deuxcorps d’armée et d’en réserver l’emploi au profit de l’ac-tion à conduire contre les groupements de Metz et duNord.
Ainsi, à la fin de la première période de concentration,j’étais amené à envisager une action aussi rapide quepossible des l re et 2 e armées, tandis qu’il me paraissaitutile de limiter à de simples prévisions l’emploi de lamajeure partie de nos forces, jusqu’à ce que la situationse fût précisée à notre gauche.
C’est d’après ces idées générales que je donnai, le 8 aoûtau matin, les ordres aux armées contenus dans l’Instruc-tion générale n° 1 : elle allait permettre aux commandantsd’armées de fixer en connaissance de cause le station-nement de leurs corps d’armée dont les débarquementsentraient dans la phase de plein rendement. Prévoyanten outre qu’à notre extrême gauche notre dispositif seraitpendant longtemps découvert, j’ordonnai au quatrièmegroupe de divisions de réserve d’organiser face à la trouéede Chimay, autour de Vervins , une solide position for-tifiée; je pus d’ailleurs, dans le courant de cette mêmematinée, donner à ce sujet toutes les indications utilesau général Yalahrègue désigné pour le commandementde ce groupe, au cours d’une visite qu’il me fit à Vitry,accompagné de son chef d’état-major, le colonel des Val-lières. Je reçus aussi ce jour-là la visite du chef d’état-majorde la 5 e armée, le général Hély d’Oissel, qui venait m’ex-poser de la part de son commandant d’armée la crainteque les Allemands n’exécutassent en grande force unmouvement débordant à l’ouest de la Meuse . Je ne pusque lui dire que ses craintes me paraissaient au moinsprématurées, d’autant plus que la manœuvre prêtée à l’en-nemi semblait, dans l’état de nos renseignements,^excéderses moyens, et que, d’ailleurs, j’avais admis la nécessitéde renforcer cette aile gauche, puisque, depuis deux jours,il était entendu que les deux excellentes divisions d’Afrique ,les 37 e et 38°, seraient dirigées sur la 5 6 armée. Du reste,la 5 e armée était couverte par le corps de cavalerie qui