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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

dautant plus nécessaire de rétablir la vérité que la pressesuisse annonçait un grave échec français en Alsace ;elle prétendait que nos tués et blessés avaient dépassé20 000 hommes, cest-à-dire plus que nous navions engagéde combattants. Limpression produite était très forte,et il fallait au plus tôt couper court à cette légende.

Ce fut le 11 août vers midi que je pris la décision defixer au 14 lattaque de la l re armée et des corps de droitede la 2 e ; cette date correspondait à la fin de nos transportsde concentration. Nous avions en outre intérêt à soulagerle plus tôt possible, par un mouvement offensif à louestdes Vosges, lentrée en action de larmée dAlsace. En outre,la date que je venais de choisir allait coïncider avec celledu début des opérations russes, ainsi que me lannonçaitun nouveau télégramme de M. Paléologue (1).

Excellence : « Nous espérons que larmée belge voudra bien continuerlaction déjà si brillamment commencée au nord de laile gauchede nos armées. » Je réponds dune façon formelle au vœu exprimépar le généralissime français. Larmée française peut compter surle concours absolu de larmée belge à laile gauche des armées alliées,dans la limite de ses forces et de ses moyens restants et dans celle ses communications avec la base dAnvers sont enferméestoutes ses ressources en munitions et en vivres ne seraient pasmenacées dêtre coupées par des forces ennemies importantes. Afindêtre renseigné sur les opérations des grandes armées alliées et depouvoir ainsi coordonner nos propres mouvements avec les leurs,jai désigné pour être attaché au général Joffre le major Melotle,après que sa mission auprès du général Sordet sera terminée, etau général Lanrezac le colonel dOrgéo de Marchovelette. Jaccueil-lerai dautre part avec grand plaisir les officiers que vous voudrezbien désigner pour être attachés à mon Q. G. Croyez, cher et grandAmi, à la profonde gratitude de larmée belge et de son chef pourlappui fraternel que leur prête, dans ces moments critiques, larméefrançaise et, avec mes vœux ardents pour une commune victoire,veuillez agréer lexpression de mes sentiments dévoués.

Albert.

(1) Télégramme de Pétersbourg du 9 août 1914, 21 h. 16, deM. Paléologue , téléphoné par le général Ebener le 10 août 10 heureset demie et reçu par le général Belin. Ce télégramme indiquait lesgrandes lignes du plan dopérations russes ; marche de larmée deVilna vers Kœnigsberg appuyée par larmée de Varsovie.