GÉNÉRAUX REMPLACÉS
259
Mardi 11 août. — Dans la nuit du 10 au 11 août, lesofficiers que j’avais envoyés à Belfort rentraient au grandquartier général ; ils apportaient des comptes rendus trèscomplets : d’après ceux-ci, il était certain que la valeurdes troupes ne pouvait pas être mise en cause, et il sem-blait bien que la perte de Mulhouse aurait pu être en grandepartie évitée si la 8 e division de cavalerie s’était employéed’une façon moins parcimonieuse. La faute était nette ;il s’agissait de faire au plus tôt un exemple : je résolus deremettre, le général commandant la 8 e division de cava-lerie à la disposition du ministre et de nommer à sa placele général Mazel (1).
Pour le reste, il n’y avait qu’à attendre que le généralPau ait pris son commandement et remis les choses enordre. Je décidai toutefois, pour calmer l’émotion quel’évacuation de Mulhouse avait provoquée dans les sphèresofficielles, d’envoyer au Président de la République et auministre de la Guerre l’un des officiers qui revenait deBelfort , afin qu’il pût donner des explications circons-tanciées sur tout ce qu’il avait vu (2). Il était d’ailleurs
avait quitté l’armée depuis six ans et le général Pau voulut bienadmettre le choix que je lui proposai en plaçant auprès de lui unchef d’état-major qui avait vingt-cinq ans de moins que le généralRoget.
(1) A la suite de l’incident malheureux qui se produisit au vil-lage de la Garde et qui nous coûta environ 2 000 prisonniers, etsur le compte rendu du général de Castelnau, je décidai égalementde remplacer le général commandant la 2 e division de cavaleriepar le général Varin.
(2) Cet officier, le commandant Maurin, me rapporta une copiede la lettre que le roi Albert venait d’envoyer au Président de laRépublique :
Cher et grand Ami,
Je vous remercie de tout cœur de l’appréciation élogieuse dela conduite des troupes belges dont vous avez bien voulu vous fairel’interprète au nom du général Joffre dans votre lettre du 9 août.L’armée belge et moi nous en sommes fiers et nous y attachons leplus grand prix. Au sujet de la coopération de nos soldats avec leursfrères d’armes français et anglais , le général Joffre a écrit à Votre